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CAN 2008 : Le Ghana bat la Guinée 2-1 en match d’ouverture

Lundi 21 janvier 2008

Le Ghana a battu la Guinée 2-1 dans le match d’ouverture de la Coupe d’Afrique des Nations, dimanche, à Accra dans la toute dernière minute.

Le Ghana a ouvert la marque à la 55 ème minute sur penalty grace à son jeune prodige Asamoah Gyan (21 ans),en force et sous la barre transversale, après presque une heure de domination stérile.

Le syli avait égalisé sur une de ses rares occasions par Oumar Kalabane (65), qui se rachetait du penalty provoqué dix minutes plus tôt (faute sur Junior Agogo) .

Le but de la délivrance du pays organisateur a été marqué par Sulley Muntari, joueur de Portsmouth, qui a fiché un tir de 25 mètres sous la barre transversale .
Le Ghana a bien mérité sa victoire.Une domination presque à sens unique surtout en première mi-temps et réussissant à trois reprises à frapper sur les poteaux de Kémoko Camara , le gardien Guinéen.

La Guinée s’est contenté de défendre et n’a jamais su organiser son son jeu avec des approximations techniques pendant toute la durée de la rencontre. Seul Pascal Feindounou , bien surveiller à pu à de rares occasions prouver son talent et notamment lors du corner qui à conduit à l’égalisation Guinéenne.

Maintenant les chances de qualification de la Guinée au second tour sont très minces après la victoire dans le même groupe ce lundi du Maroc 5-1 face à la Namibie.

Fiche de match de Ghana - Guinée

Les autres résultats du Lundi 22 janvier :

Groupe A :

Namibie 1- 5 Maroc

Brendell(23′) - Alloudi(1′,5′,28′),Sektioui(40′) et Zarka(74′)

Groupe B :

Nigeria 0-1 Côte d’Ivoire
Rien    -   Salomon Kalou (66′)

Mali 1- 0 Benin
F. Kanouté (49′) - Rien

Prochain match de la Guinée : 24/01/2008 18:00 Guinée - Maroc à Ohene Djan Stadium

Allez le sily !

Samedi 19 janvier 2008

Ce dimanche 20 janvier sera donné le coup d’envoi à Accra à 18 heures , dans la capitale Ghanéenne, de la vingt-sixième Coupe d’Afrique des nations(CAN 2008) qui constitue le rendez-vous majeur du football et du sport africain dans son ensemble.

C’est l’occasion de voir les stars Africaines évoluant dans les championnats Européens (Drogba et le Ghanéen Mickael Essien à Chelsea, le Camerounais Samuel Eto’o à Barcelone, les Maliens Mahamadou Diarra au Real Madrid et Frédéric Kanouté au FC Séville) de porter leur couleur nationale mais aussi le rendez de grandes personnalités mondiales du Football dont le président de la FIFA Sepp Blater , son homologue de l’UEFA Michel Platini qui ont effectué le déplacement à Accra pour suivre cette du sport continental.

Au fil des éditions, c’est une véritable légende de la CAN qui s’est créée avec ses héros, ses exploits, ses surprises, ses défaites inattendues, ses victoires tant espérées, ses cris de joie, ses larmes.

Une fois n’est pas coutume , l’honneur est venue au “Sily National ” de Guinée de donner le coup d’envoi de cette édition face au pays organisateur les “Black stars” du Ghana qui semble comme les “éléphants” de la Côte d’Ivoire de Didier Drogba et les Lions ” Indomptables” du Cameroun être l’un des grands favoris de la compétitions. Contrairement à la coupe de monde 2006, où la hiérarchie avait été bouleversée avec l’absence de tous les grands , sauf la Tunisie , la CAN 2008 connaitra la présence de tous les principaux pays du football du continent , à l’exception de l’Algérie, qui vont s’affronter sur les 4 stades d’Accra , de Sekondi-Takoradi, de Kumasi et de Temale pour trois semaines (20 janvier au 10 février ) de compétition.

Si l’équipe des black Stars dirigée par ClaudeLeroy rêvent de remporter pour la cinquième fois ( 1963,1965,1975 et 1982)la coupe d’Afrique des nations , elle devra non seulement gérer l’énorme attente que suscite l’organisation d’un tournoi mais aussi être prête dès le match d’ouverture qui n’aura rien d’une formalité face au Sily national de Guinée emmené par Stéphanois Pascal Feindouno.

La Guinée doit avoir au moins un point dans ce match afin de préserver ses chances et bien préparer sa rencontra suivante face à la Namibie le 24 janvier et d’être assurée de la qualification pour les quarts de finale avant le choc contre les Marocains le 28 janvier.

L’équipe national de Guinée qui est capable du pire comme du meilleur arrive dans le concert des nations africaines en  éliminant l’Algérie lors des matchs de qualifications après une longue période de disette.  Quart de finaliste de la CAN en 2004 (Tunisie) et 2006 (Égypte), la formation dirigée depuis décembre 2006 par Robert Nouzaret est tombé dans une poule où le Maroc et la Ghana font figure de favoris.

Pascale Feindouno portera les les espoirs de tout un pays même s’il n’est pas toujours régularité sur en championnat Français de L 1. Le milieu offensif droit des “Verts” est en confiance et doit être au service des deux attaquants, le Toulousain Fode Mansaré l’ancien Manceau parti au Dynamo Kiev, Ismaël Bangoura.

Liste des 23 Guinéens

GARDIENS: Kémoko Camara (sans club), Naby Yattara (Couillet/BEL), Naby Diarso (Satellite FC/GUI).

DEFENSEURS: Daouda Jabi (Trabzonsport/TUR), Oumar Kalabane (Manisaspor/TUR), Dian Bobo Baldé (Celtic/SCO), Ibrahima Camara (Le Mans/FRA), Kamille Zayatte (Young Boys Berne/SUI), Mohamed Alimou Diallo (Sivaspor/TUR), Alsény Camara (Rodez/FRA), Habib Jean Baldé (Reims/FRA), Mamadou Bah (Strasbourg/FRA).

MILIEUX: Kanfory Sylla (Sivaspor/TUR), Mohamed Cissé (Bursaspor/TUR), Mohamed Sako (Etoile du Sahel/TUN),Pascal Feindouno(Saint-Etienne/FRA), Samuel Johson (Ismaïlia/EGY), Naby Soumah (CS Sfaxien/TUN).

ATTAQUANTS: Karamoko Cissé (Hellas Verone/ITA), Souleymane Youla (Lille/FRA), Fodé Mansaré (Toulouse/FRA), Victor Corréa (Cherbourg/FRA), Ismaël Bangoura (Dynamo Kiev/UKR).

Calendrier de la Guinée

(Premier tour - Groupe A)

20/01/2008 18:00 Ghana - Guinée Ohene Djan Stadium

21/01/2008 16:00 Namibie - Maroc Ohene Djan Stadium
 
24/01/2008 18:00 Guinée - Maroc Ohene Djan Stadium
24/01/2008 20:30 Ghana - Namibie Ohene Djan Stadium
 
28/01/2008 18:00 Ghana -Maroc Ohene Djan Stadium
28/01/2008 18 :00 Guinée - Namibie Essipong Sports Stadium

Pour suivre les matchs , rendez sur EuroSport où l’intégralité du tournoi sera retransmis en direct.

La Guinée créera t-elle la surprise en remportant sa première la coupe d’Afrique des nations? Je l’espère bien et en attendant la réponse le 10 février , fait nous rêver le Sily National .

Mise à Jour :Les heures sont en GMT + 1 (Suisse,France,Belgique, etc…)

GUINÉE: Faible soutien populaire au mouvement de grève

Jeudi 17 janvier 2008

Source : IRIN, le service de nouvelles et d’analyses humanitaires du Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA). Site internet http://www.irinnews.org/

Rabiatou Serah Diallo, secrétaire générale de la Confédération nationale des travailleurs guinéens (CNTG),CONAKRY, 15 janvier 2008 (IRIN) - Le limogeage d’un important responsable politique réformiste et la réaffirmation par le président Lansana Conté de son contrôle sur l’action du gouvernement ont confirmé les craintes d’un blocage du processus de réforme politique.

Parallèlement, la réticence générale des Guinéens à vivre une nouvelle grève, prévue le jeudi 10 janvier par les centrales syndicales, laisse penser que le soutien apporté aux manifestations populaires est en train de faiblir. Suite à l’appel au dialogue lancé par des mouvements de jeunes, des institutions nationales et des partis politiques, les responsables syndicaux ont, après de longues négociations avec le gouvernement, accepté de suspendre le mot d’ordre de grève.

Les Guinéens ont déjà connu quatre mouvements de grève générale au cours des 13 derniers mois, manifestations dirigées par les centrales syndicales pour dénoncer la cherté de la vie et la corruption, et exiger le départ du président Conté.

Ces grèves étaient initialement considérées comme extrêmement importantes, car elles venaient briser l’image de pays ouest-africain autoritaire mais stable que renvoyait la Guinée, et laissaient penser que la transition politique tant attendue était peut-être arrivée, après 23 années de régime Conté.

Toutefois, bon nombre de Guinéens estiment que ce nouveau mouvement de grève créera plus de perturbations qu’il ne résoudra de problèmes, et préfèreraient, disent-ils, employer d’autres méthodes, plus pacifiques et moins perturbatrices, pour manifester leur mécontentement.

« Moi, je ne suis pas contre la grève, mais je suis inquiet parce que je me demande si cette grève sera la solution à nos problèmes », a affirmé Ban Mamadou Sanoussy, professeur d’anglais à Conakry.

« Je pense qu’il est temps pour les leaders politiques, les chefs des syndicats et la société civile de trouver une solution durable. Sinon, nous allons continuer à saccager nos biens matériels et à détruire des vies humaines sans issue favorable », a poursuivi M. Sanoussy, exprimant certains doutes sur le « pouvoir du peuple », des doutes rarement évoqués en public au plus fort des manifestations antigouvernementales de 2006, mais abordés plus ouvertement aujourd’hui.

Appel à la grève

Le dernier appel à la grève a été lancé par la Confédération nationale des travailleurs guinéens (CNTG), importante centrale syndicale ; il fait suite au limogeage par le président Conté de Justin Morel Junior, ministre de la Communication du gouvernement et l’un des plus proches collaborateurs du Premier ministre réformiste Lansana Kouyaté.

M. Kouyaté avait été nommé au poste de Premier ministre au début de l’année 2007, à la suite d’un accord entre M. Conté et les responsables de la société civile, après plusieurs semaines de grève et de violents affrontements entre l’armée et les manifestants hostiles au gouvernement, affrontements qui s’étaient soldés par une centaine de morts et des milliers de blessés.

Dans son discours prononcé à l’occasion du Nouvel An, le président Conté a critiqué les mesures prises par le gouvernement de M. Kouyaté, des critiques publiées par l’agence de presse guinéenne le 1er janvier, puis retirées par le cabinet du président.
Photo: Nicholas Reader/IRIN
Malgré les importants gisements de minerais et le sol fertile de leur pays, le Guinéens font partie des populations les plus pauvres de la planète. Selon l’UNCEF, à peine 13 pour cent d’entre eux ont accès à des systèmes sanitaires convenables
L’intervention de M. Conté faisait suite à des spéculations en cours depuis plusieurs mois, selon lesquelles des partisans de M. Conté préparaient le limogeage de M. Kouyaté, qui avait réussi à redorer l’image de la Guinée de façon à gagner la confiance d’importants bailleurs de fonds, contribuant ainsi à marginaliser certains des plus influents partisans de M. Conté.

Initialement prévues en octobre, puis en décembre 2007, les élections législatives ont finalement été reportées et M. Conté s’est, par le biais de décrets présidentiels, réattribué d’importantes fonctions gouvernementales, dévolues à M. Kouyaté, en sa qualité de Premier ministre.

Faisant fi des rumeurs selon lesquelles il remettrait sa démission pour protester contre cette décision du président, M. Kouyaté est resté à son poste cette semaine, conforté par de petites mais violentes manifestations organisées à Conakry le 5 janvier pour protester contre le limogeage de M. Morel Junior.

Scepticisme à propos de l’impact des grèves

« Il faut trouver une alternative autre que la grève. Les conséquences de la dernière grève se font encore sentir. Si le commerce est paralysé à nouveau, ce sera vraiment un retour à la case départ […] Ce n’est un scoop pour personne qu’une grève d’une telle ampleur a plus de conséquences négatives que positives ; et seule une minorité bénéficie du peu de conséquences positives », a déclaré Hadja Yayé Thiam, commerçante à Conakry, la capitale, où ont eu lieu certaines des scènes de violence et des perturbations les plus graves du mouvement de grève de l’année dernière.

Selon Mme Kadiatou, mère de famille qui vend des cigarettes et des bonbons au bord d’une des autoroutes embouteillées de la ville pour subvenir aux besoins de sa famille, les grèves n’ont eu aucune incidence sur les prix, et c’est pour cette raison qu’elle ne soutiendra pas celle-ci.

« Après les tueries de 2007, rien n’a changé. En tout cas, pas le panier de la ménagère »

« Je ne suis pas d’accord du tout pour la grève parce que nous sommes les seules victimes », a-t-elle affirmé. « Après les tueries de 2007, rien n’a changé. En tout cas, pas le panier de la ménagère. Allez demander au marché le prix d’un sac de riz, d’un bidon d’huile ou d’un simple piment. Ils n’ont pas changé ; ils sont pareils qu’avant les grèves de janvier 2007. Nous, nous ne sommes pas prêts à revivre le même cauchemar ».

L’armée, garante de stabilité

Selon certains spécialistes, avec ses gisements de bauxite et d’or, la Guinée est un pays potentiellement riche, mais politiquement instable, et menacé par l’incertitude qui pèse sur la manière dont il gérera la transition politique lorsque le président vieillissant, Lansana Conté, quittera le pouvoir.

Considéré, au début de sa présidence, comme un réformateur, par contraste avec le régime brutal de son prédécesseur, M. Conté a dirigé la Guinée d’une main de fer et a longtemps été boycotté par les bailleurs de fonds internationaux qui ont souvent épinglé ses gouvernements pour leur laxisme vis-à-vis de la corruption, le manque de transparence des élections, et la répression des journalistes et des opposants politiques.

Même si les mouvements de grève successifs et les troubles civils en Guinée ont fait craindre un effondrement plus général de l’ensemble des institutions publiques, de nombreux spécialistes considèrent souvent l’armée comme la seule garante de la stabilité du pays et pensent qu’il est peu probable que la situation change tant que celle-ci restera fidèle à M. Conté.

En mai 2007, des soldats mutins s’étaient livrés pendant deux semaines à des pillages dans Conakry et les autres villes de garnison du pays, une mutinerie qui avait pris fin grâce à la conclusion hâtive d’un accord prévoyant l’augmentation du solde des soldats et des promotions générales de grade au sein de l’armée.

Pour qu’ils ne soient pas morts pour rien !

Samedi 17 novembre 2007

RADDHO

A l’occasion de l’ouverture de son antenne de Conakry, la RADDHO (Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme ) par la voix de son secrétaire générale Alioune TINE , demande que les auteurs des crimes perpétrés lors de la grève en janvier et février derniers soient punis .

L’ONG qui ouvre pour la première fois ses bureaux hors du Sénégal demande que la commission d’enquête mise sur place fasse ses travaux dans les meilleurs délais .

Je vous invite à écouter ci-dessous (cliquer sur la flèche ) l’interview de Alioune Tine au micro de Mouctar BAH , correspondant de RFI à Conakry .

CampusFrance : La porte d’entrée dans les universités françaises pour les étudiants étrangers (Sondage)

Vendredi 16 novembre 2007

Décernée 1er trophée “Coup de Coeur ” lors du salon de l’innovation organisé par Syntec Informatique et Orange Business Services , CampusFrance est une application du ministère Français des Affaires étrangères (MAE) qui promeut l’enseignement supérieur à l’étranger. Cette application qui remplace l’ancienne EduFrance , a été développé par la société Informatique Sopra Group et permet de créer un guichet unique déployé dans 21 pays étrangers supportant la gestion courante de 100 000 dossiers par ans.

La France , avec plus de 265 000 étudiants étrangers , se situe au 3 ème rang mondial des pays d’accueil derrière les Etats-Unis et le Rayaume-Uni, tente de rattraper son retard en attirant les meilleurs étudiants étrangers. L’avantage de ce guichet unique est de permettre à l’étudiant de faire sa demande d’études, échanger avec l’administration, obtenir l’ accord éventuel de l’université ou de l’école, puis en cas de réponse favorable de faire sa demande de visa. Il permet également aux acteurs des centres pour les Etudes en France ( CEF) et aux différents établissements supérieurs de disposer de toutes les informations utiles sur les candidats et de pouvoir échanger avec eux simplement et rapidement .

Après la phase d’expérimentation de 2005-2006 , le MAE a généralisée son utilisation et la Guinée figure dans la liste des 21 pays qui ont été choisi dans cette première phase de lancement. Les locaux sont situés à l’Espace Sory Kandia Kouyaté Face au cinéma “Liberté” B.P. 492 Conakry, site web www.guinee.campusfrance.org .

J’ai testé l’application afin de constituer un dossier pour un étudiant guinéen et ça fonctionne très bien. Si les futurs étudiants voient leurs démarches simplifiées pour rentrer en contact avec les universités françaises , il faut savoir que c’est parfois une galère pour bons nombres d’entre eux.

Parmi les difficultés que certains d’entre eux m’ont souligné , il faut citer le problème d’accès à l’Internet dans les villes où le problème d’électricité est très préoccupant , le prix élevé de l’inscription qui était de 70 euros l’année dernière et surtout la longue file d’attente qui a empêché beaucoup de personnes de déposer leurs dossiers dans les délais .

Une fois l’inscription est accordée par une université , l’obtention d’un visa d’études n’est nullement garantie . Surtout à un moment où monsieur Brice hortefeux , ministre Français de l’immigration , de l’intégration , de l’identité nationale et du codéveloppement limite au maximum la venue des étrangers en France en se fixant pour objectif principal le chiffre de 25 000 reconduites aux frontières .

J’ai pas de chiffre précis pour la Guinée , mais d’après de nombreuses constatations , une très faible minorité de Guinéens ayant obtenu des inscriptions d’universités françaises a pu obtenir de visas d’études à Conakry en 2007 . Est ce que priver de formation des jeunes motivés serait la solution au problème d’immigration en France ?

Je pense qu’il serait intéressant d’avoir des chiffres sur le nombres d’étudiants Guinéens qui arrivent en France chaque année . J’y reviendrai dans un prochain billet .

Guinée, les changement en sursis

Lundi 12 novembre 2007

Un excellent article de International Crisis Group (Briefing Afrique N°49 du 8 novembre 2007) que kevin a bien voulu partager avec moi . Je pense que la lecture peut éclairer chacun de nous sur la situation réelle de la Guinée .

Dakar/Bruxelles , le 8 novembre 2007

Carte de la GuinéeDix mois après le déclenchement d’un mouvement de révolte populaire contre le régime du président Lansana Conté, au pouvoir depuis 23 ans, et sept mois après la formation d’un nouveau gouvernement, la Guinée est toujours dans une incertitude totale quant à son avenir immédiat. L’état de grâce dont a bénéficié le Premier ministre Lansana Kouyaté, celui qui devait conduire le « changement » exigé par le peuple, fut de courte durée. Les fissures au sein du mouvement collectif qui a ébranlé le régime au début de l’année risquent de favoriser une reconquête du pouvoir par le clan présidentiel. Pour éviter tout retour de la violence, le Premier ministre doit impérativement convaincre les citoyens guinéens de sa détermination à œuvrer en faveur d’une véritable transition démocratique et a besoin de recevoir à cet effet un soutien actif de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et des partenaires extérieurs, de même que de la France et des États-Unis qui ont des liens de coopération avec l’armée.

Les populations qui avaient massivement manifesté en janvier et février 2007, malgré la certitude d’une répression sanglante par les forces de sécurité (entre 137 et 183 morts et plus de 1500 blessés), réclamaient un changement radical et avaient le sentiment d’avoir remporté une victoire décisive sur Conté en obtenant le départ de son gouvernement et la nomination d’un Premier ministre « de consensus» chargé de mettre en place une nouvelle équipe dont il serait le seul responsable. Nommé à ce poste le 26 février 2007, Kouyaté achève ses premiers mois dans une atmosphère morose contrastant avec l’euphorie qui avait entouré son arrivée à la primature. Même si l’inflation a été réduite, l’enthousiasme initial a laissé place au doute sur la capacité et la volonté du gouvernement Kouyaté de rompre avec les tares du système Conté et de faire face aux graves difficultés économiques auxquelles font quotidiennement face les populations guinéennes.

Un jugement définitif sur la primature Kouyaté est prématuré mais il doit désormais donner des symboles forts de rupture avec le passé pour garder sa crédibilité. Le clan Conté et ses bénéficiaires n’ont pas accepté leur défaite et manœuvrent constamment pour reprendre les rênes du pouvoir, notamment en jouant sur le sentiment répandu de désillusion et sur les divisions au sein des acteurs de la « révolution de février » : centrales syndicales, organisations de la société civile et partis politiques de l’opposition. Conté est cependant toujours le principal obstacle à une amélioration du sort des Guinéens. Il reste le seul vrai chef de l’exécutif aux pouvoirs constitutionnellement garantis, signe tous les décrets et paralyse donc aisément l’action gouvernementale. Le poste de Premier ministre n’existe pas dans la constitution et celui-ci n’a que des pouvoirs délégués.

L’organisation d’élections législatives transparentes et régulières dans les six prochains mois devrait permettre de franchir un premier pas dans l’entreprise de démantèlement du système Conté par la voie démocratique. En attendant, Kouyaté, les forces de changement et la communauté internationale doivent prendre les initiatives suivantes pour rallumer la flamme des réformes :

  • Kouyaté devrait tout d’abord accepter l’organisation d’un dialogue national qui rassemblerait les acteurs de la société civile, les syndicats et les partis politiques pour s’entendre sur le contenu concret des réformes que le gouvernement est censé mener et continuer à exercer des pressions collectives sur le président Conté afin qu’il cesse d’entraver les actions du gouvernement et respecte la lettre et l’esprit de l’accord du 27 janvier 2007.
  • Simultanément, Kouyaté doit procéder à la restructuration des ministères et à la formation de cabinets dotés de cadres nommés uniquement sur la base de leurs compétences, tout en imposant les standards les plus élevés de transparence et de rigueur dans la gestion des deniers publics, et en appliquant le programme d’urgence du gouvernement, en expliquant clairement ce que le gouvernement peut et ne peut pas faire à court terme.
  • Pour commencer à mettre fin à l’impunité, le gouvernement doit doter la commission d’enquête indépendante sur les violences commises pendant les grèves de juin 2006 et de janvier et février 2007 de tous les moyens requis pour garantir son action, y compris la mise en place d’une brigade mixte police et gendarmerie prévue par la loi, ainsi que l’appui technique d’experts de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples et du Bureau du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Une nouvelle date doit aussi être fixée au plus tôt pour la visite en Guinée du Rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires et arbitraires, prévue depuis le mois de mars 2007.
  • Pour contenir le danger permanent que représentent les forces de sécurité, le gouvernement doit ouvrir avec elles un dialogue sur les modalités effectives de leur réforme ; évaluer en urgence les besoins de formation et d’équipements des forces de police et de gendarmerie pour le maintien de l’ordre, afin de prévenir de nouvelles tueries de civils non armés en cas de manifestations ; inviter la CEDEAO à envoyer une équipe d’officiers de police et de gendarmerie pour appuyer la mise en place de la brigade mixte affectée à la commission d’enquête, et à préparer l’envoi d’une mission militaire d’observation du comportement des forces de sécurité guinéennes pendant les élections législatives.
  • La France et les États-Unis devraient également aider à la formation et à l’équipement de la police et de la gendarmerie en moyens de maintien de l’ordre sans recours à la force létale dans le cadre de leur coopération avec les forces de sécurité guinéennes.
  • Enfin les partenaires bilatéraux et multilatéraux de la Guinée doivent absolument honorer les engagements financiers pris lors du forum des partenaires de la Guinée organisé à Paris en juillet 2007 ; apporter les financements additionnels nécessaires à la préparation des élections législatives ; et soutenir la Guinée auprès du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale pour l’obtention de ressources financières stables et prévisibles pour la période 2007-2010.

Sans de telles mesures, on ne saurait exclure qu’une nouvelle crise et des manifestations beaucoup moins contrôlées que celles de janvier/février 2007 viennent à nouveau faire basculer la Guinée dans la violence, avec le risque de réhabilitation du régime Conté ou même d’un coup d’État aux conséquences désastreuses.

Dakar/Bruxelles, 8 novembre 2007