Archive pour la catégorie ‘Politique’

INSTITUTIONS ET DEVELOPPEMENT , GUINEE : QUELLE ADMINISTRATION PUBLIQUE POUR LE DEVELOPPEMENT ?

Vendredi 21 mars 2008

Des écarts de revenu et de niveau de vie considérables existent aujourd’hui entre pays riches et pays pauvres. Le revenu moyen des populations subsahariennes, par exemple, est plus de vingt fois inférieur au revenu moyen américain. Les explications abondent quant aux causes d’une telle divergence internationale.

Dans les pays pauvres, comme en Afrique subsaharienne, en Amérique centrale ou en Asie du Sud, peu de marchés fonctionnent, le niveau d’instruction est médiocre, les équipements et les technologies sont obsolètes ou inexistants. Mais ce ne sont que des causes immédiates de la pauvreté. Il s’agit de savoir pourquoi ces pays n’ont pas des marchés plus efficaces, un capital humain plus solide, des investissements plus élevés et des équipements et technologies plus performants. Il doit exister des causes fondamentales de ces résultats et, partant, de cette misère.

Les deux principaux facteurs avancés pour expliquer fondamentalement les écarts de prospérité sont la géographie et les institutions.

Selon l’hypothèse géographique, qui séduit un large public de profanes et d’universitaires, la géographie, le climat et l’écologie déterminent le niveau technologique d’une société et la motivation de ses habitants. Cette théorie fait de l’environnement naturel un facteur essentiel de la pauvreté. La seconde hypothèse, l’hypothèse institutionnelle, repose sur l’intervention humaine: certaines sociétés sont dotées de bonnes institutions qui encouragent l’investissement dans l’équipement, le capital humain et les technologies performantes et, en conséquence, elles prospèrent d’un point de vue économique.

De bonnes institutions présentent trois caractéristiques: en garantissant le respect des droits de propriété à une grande partie de la population, elles incitent une large palette d’individus à investir et participer à la vie économique; en limitant l’action des élites, des politiciens et autres groupes puissants, elles les empêchent de s’approprier les revenus ou investissements d’autrui ou de fausser les règles du jeu; et en promouvant l’égalité des chances pour de vastes pans de la société, elles encouragent l’investissement, notamment dans le capital humain, et la participation à la production économique. Le passé et le présent montrent que, dans de nombreux pays, ces conditions ne sont pas réunies: l’état de droit ne règne que de manière sélective; les droits de propriété sont inexistants pour la grande majorité des citoyens; les élites jouissent d’un pouvoir politique et économique illimité, et seule une petite fraction de la population accède à l’éducation, au crédit et aux activités productives.

L’année dernière, nous avions entamé la rédaction d’une série d’articles consacrés aux problèmes de gouvernance et de développement en Afrique d’une part et dans notre pays, la Guinée, d’autre part. C’est ainsi que nous avions abordé : Gouvernance et Développement (Caractéristiques des administrations publiques africaines), Gouvernance et Développement (Les fondements de la corruption en Afrique) enfin Institutions et Développement (les coûts de la corruption).

Après donc ces analyses critiques sur l’état de la gouvernance, nous avons estimé nécessaire de ne pas s’en contenter, mais d’aller loin en faisant des propositions, des esquisses de solution pour sortir notre administration de cette situation de frein au développement, donc à la prospérité pour nos populations.

Cet article : «Quelle administration pour le développement ?» comportera deux parties, à savoir la gestion transparente de l’administration et la professionnalisation de l’administration publique Guinéenne.

LA GESTION TRANSPARENTE DE L’ADMINISTRATION PUBLIQUE

La gestion transparente de l’administration publique implique de faire connaître cette dernière aux usagers du service public, aussi de favoriser une simplification de l’appareil administratif.

Faciliter l’accessibilité à l’administration publiqueкомпютри втора употреба

Faciliter l’accès de l’institution administrative au citoyen consiste à la lui faire connaître, en simplifiant son organisation, et permettre la circulation de l’information.

L’ABC des élections présidentielles Américaines

Jeudi 20 mars 2008

A J-235 des élections présidentielles américaines , on est sûr que le prochain président sera pour la première fois soit une femme ,soit un noir ou soit un vieux . Si du côté républicain , John McCain est assuré de l’investiture de son parti , les démocrates ont du mal à départager leurs champions qui sont au coude à coude après le super tuesday et plus d’une quinzaine d’autres primaires et Caucus.

Il est évident que cette campagne très longue des démocrates va laisser des traces qui risquent de couter la présidence au candidat qui sortira vainqueur.Les attaques entre les équipes de M. Obama et Mme Clinton se font de plus en plus incisives et ont même conduit à la démission de collaboratrices dans les deux camps pour des propos qu’elles ont tenus.

En attendant la primaire de Pensylvanie le 22 avril , et peut être une solution entre les deux camps pour les primaires annulés de Floride et de Michigan pour cause de différends sur le calendrier entre les instances nationales et locales du parti démocrates, John McCain multiplie les déplacements symboliques (visite surprise à Bagdad, Entretien avec Gordon Brown sur l’Irak à Londres) se donnant ainsi l’image du candidat prêt à être opérationnel une fois élu.

Selon le site indépendant RealClearPolitics M.Obama détient 1627 (dont 213 super délégués) délégués contre 1494 (dont 248 super délégués)pour Madame Clinton. Pour être candidat démocrate à la présidence , il faut avoir 2025 délégués.

Voici résumé un aide-mémoire de la politique américaine.

Argent : C’est le nerf de la guerre pour gagner les élection . Les candidats devraient recueillir plus d’un milliard de dollar pour financer leur campagne. Les dépenses électorales des candidats à la présidence et à la vice-présidence sont supervisées par la Federal Election commission(FEC). Depuis la loi McCain-Feingold votée en 2002, les entreprises, lobbyistes, associations et syndicats n’ont plus le droit de participer directement au financement d’une campagne. Chaque citoyen américain peut donner au maximum 2300 dollars pour chaque phase de la campagne (primaire et présidentiel). Barack Obama a battu tous les records de levées de fonds en récoltant 36 millions de dollars en Janvier, 55 millions de dollars en Février. son équipe a également annoncé au mois de Février avoir dépasser le chiffre symbolique d’un million de personnes ayant contribuer pour sa campagne .

Bill of Rights : Ou déclaration des droits rentré en application le 15 septembre 1791 désigne les 10 amendement à la constitution américaine. Elle précise certains droits des citoyens américans comme la liberté d’expression et de religion , la liberté de presse , le droit de porter une arme à feu.Bureau ovale : Bureau du président des états-unis d’amérique, situé dans la Maison-blanche.

Bipartisme : Même s’il existe plusieurs partis politiques aux USA , seuls le parti républicain et le parti démocrate réussissent à faire élire leur candidats à la présidence.

Cabinet : Le président nomme les membres de son cabinet , mais nomination doit être approuvée par le Sénat.Par la loi le cabinet comprend le vice-président , les secrétaires et l’Attorney General (procureur général), mais le président a le droit d’y faire accéder divers conseillers.Il est très rares que d’avoir tous les membres du cabinet é une réunion.

Capitole : Parlement situé à Washington DC où siègent les deux chambres ( le Sénat et la chambre des représentants).

Caucus : est le deuxième moyen permettant aux militants locaux d’un parti de choisir les délégués qui désigneront le candidat à l’investiture de ce parti dans la course à la présidence lors de la convention fédérale de leur parti. Le système des Caucus est pratiqué dans une douzaine d’Etats et est critiqué pour ne pas être entièrement démocratique car contrairement aux primaires il n’existe pas de bulletins secrets .

Grands électeurs : Au États-Unis les citoyens n’élisent pas directement leur président.L’election se fait au suffrage universel indirect. Le peuple désigne des délégués dans chaque état, chargés d’élire le président et le vice-président. Il existe au total 538 grands électeurs .

Départements : C’est l’équivalent des ministères dans les pays comme la Guinée.Il existe une dizaines qui relèves des secrétaires dans les domaines suivants : Agriculture,Anciens combattants, Commerce,Défense,Éducation, Énergie,État(Affaires étrangères), Intérieur,Justice,Logement et développement Urbain,Santé et Services sociaux,Ressources humaines,Sécurité intérieure,Travail,Transport,Trésor.

Groupe de pression : Encore appelés lobbies, il est constitué de groupes de personnes qui font pression sur les décideurs politiques pour faire entendre leurs intérêts sociaux ou économiques. Parmi les lobbies les plus puissants, on retrouve la National Rifle Association of America (NRA), l’American Israel Public Affairs Committee, l’American Association of Retired Persons (AARP), la National Federation of Independant Business et l’American Federation of Labor-Congress of Industrial Organizations (AFL-CIO).

Impeachment: est le nom de la procédure permettant au pouvoir législatif de destituer un élu (président, vice-président ou tout autre fonctionnaire) devant le Congrès, pouvant mener à une destitution, pour des cas de trahison, de corruption, de crime ou de délit majeur. L’acte d’accusation, formulé par la Chambre des représentants, est suivi de la comparution de l’accusé devant le Sénat ou devant le premier juge de la Cour suprême (s’il s’agit du président). Une confirmation des accusations par le Sénat à la majorité des deux tiers entraîne une destitution.

Maison-Blanche: résidence officielle du président, située au 1600, Pennsylvania Avenue, NW, à Washington DC. Immense, elle compte 132 pièces (et 35 salles de bain!). Ce bâtiment, construit à partir de grès d’Aquia et peint en blanc, est inspiré du style géorgien. L’aile ouest sert de lieu de travail au président et à son équipe. L’expression désigne également l’administration du président.

Parti Démocrate : Une des deux principales formations politiques, le Parti démocrate est davantage libéral que son rival. Parmi les présidents issus du camp démocrate, dans l’histoire récente, on peut citer en exemple Franklin D. Roosevelt (1933-1945), John F. Kennedy (1961-1963), Jimmy Carter (1977-1981) et Bill Clinton (1993-2001). Le parti est souvent représenté par un âne.

Parti Républicain : une des deux principales formations politiques, le Parti républicain est davantage conservateur que son rival. Parmi les présidents issus du camp républicain, dans l’histoire récente, on peut citer en exemple George W. Bush (depuis 2001), Dwight Eisenhower (1953-1961), Richard Nixon (1969-1974), Ronald Reagan (1981-1989) et George Bush père (1989-1993). Le parti, surnommé le Grand Old Party, ou GOP, est souvent représenté par un éléphant.

Pentagone: bâtiment qui se trouve dans l’état de Virginie (près de Washington DC) abrite l’état-major de l’armée américaine et le département de la Défense, situé à Washington DC. Plus de 26 000 personnes y travaillent, parmi lesquelles des civils et des militaires. On lui donne ce nom en raison de sa forme de pentagone( 5 côtés de même longueur). L’expression est également utilisée pour désigner le département de la Défense lui-même.

Primaire: il s’agit d’un des deux modes de sélection à la disposition des deux principales formations politiques (Parti républicain et Parti démocrate) pour choisir le candidat qui les représentera lors de l’élection présidentielle. Dans les États qui tiennent des primaires, ce sont directement les électeurs qui votent.

Représentant: élu qui représente un des districts d’un État au niveau fédéral. Son mandat, renouvelable, dure deux ans. Le nombre des représentants d’un État varie selon sa population. On compte 435 représentants qui forment la Chambre des représentants.

Secrétaires: membres du Cabinet, ils sont nommés par le président à la tête des différents départements, sans avoir été élus préalablement. Le ministre de la Justice n’est pas un secrétaire, mais se nomme plutôt Attorney General (procureur général). Les secrétaires d’État, de la Défense, du Trésor de même que l’Attorney General occupent des postes d’importance stratégique.

Sénat: une des deux chambres du Congrès qui assurent le pouvoir législatif. Elle compte 100 élus. On renouvele le tiers du Sénat (ou Chambre haute) tous les deux ans. En plus de voter des lois, il incombe au Sénat de ratifier les accords commerciaux et autres traités internationaux et d’approuver les nominations faites par le président.

Speaker:
président de la Chambre des représentants, élu par l’ensemble des représentants.

Super Tuesday: il s’agit du mardi au cours duquel se tient le plus grand nombre de primaires et de caucus en une seule journée. Cette année , il s’est déroulé le mardi 4 février.

Ticket: duo formé par les candidats à la présidence et à la vice-présidence à l’issue de la convention nationale d’un parti politique.

Super délégués : Les super délégués n’existent que dans le parti démocrate et qui ne sont pas élu lors des primaires ou Caucus. Ils sont des cadres du parti, détenteurs de mandats électifs (gouverneurs,sénateurs,etc ..)ou responsables des instances démocrates, qui participent de droit à la convention nationale chargée de choisir celui qui défendra les couleurs de son parti dans la course à la Maison-Blanche. Ils sont environ 800, c’est-à-dire un cinquième de la totalité des délégués. Ils peuvent voter pour qui ils veulent et ont le droit de changer d’avis (contrairement au délégué) avant la convention nationale.

Présidentielle USA 2008 : Objectif 4 octobre 2008

Mercredi 16 janvier 2008

Moins de 10 mois de l’élection du successeur de George Walker Bush , les Américains sont en pleine campagne pour le choix des candidats des deux principaux partis politiques du pays: le parti démocrate et le parti républicain . Pour la première fois depuis 80 ans , ni le président sortant , ni son vice-président ne sont candidats à la course pour la maison blanche.

Jusqu’au 3 juin 2008 les candidats vont solliciter les voix des délégués de leur parti lors des caucus et primaires qui ont débuté depuis le 3 janvier en Iowa, dans les 50 états Américains . Le rythme de la course à la présidence est bien amorcée et pour gagner l’investiture républicaine le candidats a besoin de l’appui de 1191 délégués sur 2380. Chez les démocrates, le chiffre magique est de 2025 sur 4849. Pour la première fois , je me suis intéressé à cette élection et

je vais régulièrement rédiger des articles sur ce sujet jusqu’à l’élection en 2009 du 44 ème président - ou présidente - des états unis d’Amérique.

La lutte est très sérrée dans les deux camps .Chez les démocrates , si Hillary et Obama sont les principaux favoris , l’ancien sénateur de la Caroline du Nord n’a pas encore dit son dernier mot. Côté républicains ,la surprise vient de la 4 ème place dans les sondages de l’ancien favoris Rudy Gulliani derrière le gouverneur de l’Arkansas Mike Huckabee conforté par sa victoire dans l’Iowa, de John McCain qui a fait un come back en remportant dans le New Hampshire et du milliardaire Mormone Mitt Romney.

La guerre en Irak , l’immigration , la sécurité social , le mariage homo-sexuel , nucléaire Iranien, le terrorisme le droit à l’avortement , la dépendance du pétrole , l’économie et la crise des subprimes seront les principaux enjeux que les candidats vont débattre dans les prochains mois.

Prochaines étapes à suivre

  • 3 janvier caucus de l’Iowa
  • 15 janvier primaire de Michigan
  • 29 janvier primaire de Floride
  • 5 février “Super Tuesday ” (”Super mardi), journée décisive pendant la quelle les républicains et les démocrates feront leur choix dans respectivement 21 et 22 états dont New York, New Jersey et Californie.
  • 9 février primaire de Louisine, caucus de l’Etat de Washington ( Seattle)
  • 12 février primaire de D.C , Maryland et Virginie
  • 4 mars primaire de Texas , de Ohio, du Vermont
  • 3 juin derniers primaire et caucus
  • 26 Août Convention républicaines au Nebraska

Abdoulaye Wade dit non aux nouveaux accords Europe-Afrique

Vendredi 23 novembre 2007

wade.jpgAprès l’échec de la convention de Yaoundé (20 juillet 1963 ) , de celle de Lomé (I , II, III et IV) et de l’accord de cotonou qui arrivent à échéance le 31 décembre 2007 , la commission européenne presse les États Africains à signer de nouveaux accords de partenariats économiques (APE) censés prendre le relais des accords de Cotonou.

Signé le 23 juin 2000 dans la capitale économique Beninoise pour 20 ans avec une révision tous les 5 ans , l’accord de Cotonou qui réunit aujourd’hui 79 Etats devrait marquer un rénouveau dans la coopération entre l’union européenne et les pays Afrique , Caraïbes et Pacifiques (ACP).

Dans une tribune dans le journal français le monde ( vendredi 16 Novembre 2007 ) , le président sénégalais Abdoulaye Wade juge les nouvelles propositions de l’Union européenne inacceptable car ne favorisant pas un vrai partenariat.

Voici un résumé de son article

En l’absence de ces nouveau accords, les conséquences seront doublement catastrophiques pour l’Afrique car disparaitrait avec les accords de cotonou le dispositif de base conditionnant l’aide au développement . Or cette aide est plus vitale pour l’Afrique , au moment où la hausse du prix du pétrole entraine celle des denrées de première nécessité et déclenche partout le mécontentement populaire et la grogne des syndicats.

Au lieu de favoriser l’augmentation des exportations de l’Afrique vers l’Union européenne , l’accord de cotonou a produit exactement le résultat inverse : augmentation depuis 2000 de 6,5% des exportation de l’Europe vers l’Afrique alors que les exportations africaines vers l’Europe se sont détériorés. Selon le président Wade , l’Europe veut changer de partenaire : jusqu’à présent , elle négociait avec l’Union Africaine ; désormais , elle entend traiter, distinctement, avec chacune des cinq sous-régions.En somme , elle entend mettre en place un système de désintégration, tout en affirmant vouloir renforcer l’intégration africaine.

Ensuite , les nouveaux accords consacre et accentue un déséquilibre de fait et livre totalement les marchés africains aux produits européens subventionnés grâce au démantèlement des protections tarifaires et l’instauration d’une parfaite égalité de compétitions entre des économies européennes et africaines.Non seulement l’industrie africaine n’a pas la capacité et les structures qui lui permettraient de répondre même à une forte demande européenne,mais ce nouveau dispositif de désarmement tarifaire imposé par le libre-échange entraînerait immédiatement d’énormes pertes de recettes douanières pour nos pays :or les recettes douanières constituent entre 35% et 70% des budgets des États africains.

Pour le président Sénégalais ,les meilleurs analystes pensent que le monde de demain sera dominé par un quatuor Etats-Unis - Brésil - Chine - Inde , qui exclut l’Europe. Avec l’Afrique ,l’Europe peut faire mentir cette prévision! . l’Europe et l’Afrique on des atouts immenses pour bâtir une alliance stratégique, mettant en commun la science ,la technologie, le savoir faire, les capacités financières de l’Europe, le potentiel humain et les immenses ressources naturelles de l’Afrique .Du coup , des problèmes aigus comme l’immigration clandestine massive, simple «produit» d’économies dissymétriques , disparaîtront , car les Africains trouverons des emplois chez eux.

Accords de partenariat et de développement (APD)

Pour remplacer les accords de cotonou , maître Wade propose les APD qui selon lui englobent et dépassent le cadre strictement commercial. Il se demande si l’imagination et la créativité ne sont pas en panne à Bruxelles , si l’Europe n’a plus que la camisole de force des APE à proposer .Les ADP sont articulés autour des principes suivants:

  • dissociation du commerce et l’aide, qui serait coadministrée;
  • constitution d’un espace mixte qui permettrait des investissements budgétaires de l’Europe en Afrique dans une optique keynésienne;
  • accords entre régions du monde au lieu d’un accord mondial OMC, trop global et donc très réducteur;
  • partenariat Europe-Afrique intégrateur
  • accords sur les produits homogènes : café, cacao, arachide, coton,pêche,produits miniers, manufacturés, etc .;
  • délocalisation industrielle vers l’Afrique
  • financement des infrastructures des infrastructures, car si l’Europe ne veut pas le faire , les chinois le feront plus vite et moins cher!

Pour conclure , comme il est de son habitude , le président Wade dit que la France et le Sénégal pourraient prendre l’initiative. Il compte porte ce message lors du sommet Europe-Afrique le 6 decembre prochain à Lisbonne.

Note de Morlaye : Je ne suis pas le plus grand fan du président Abdoulaye Wade mais je pense , qu’au delà des problèmes internes au Sénégal, qu’il est l’un des rares chefs d’états africains à avoir une grande maîtrise des dossiers internationaux aussi importants que l’aide au développement ou les relations Afrique-FMI par exemple. Beaucoup de ses collègues africains brillent par leur absence (ou silence ) lorsqu’il s’agit de défendre leur pays ( ou le continent ) sur la scène internationale.

Les propositions de monsieur Wade ses APD manquent considérablement de moyens pour leurs réalisations .Je ne suis pas non plus toujours d’accord avec monsieur Wade sur plusieurs sujets notamment lorsqu’il affirmait , dans l’émission Esprits Libres de Guillaume Durant sur france 2 , que le discours raciste de président sarkozy à dakar est de la responsabilité de son conseiller et rédacteur Henri Guaino . Selon lui ,Nicolas Sarkozy ne connaît pas le discours avant d’entrer dans la salle . Comment peut-on croire qu’un chef d’état, celui de la France en l’occurrence , prononce un discours alors qu’il ne connaît pas le contenu ?

Les accords Afrique-Europe montre l’inefficacité de l’aide ( ou des aides ) au développement qui , au lieu d’aider les pays africains à sortir du sous-développement , contribue à leur appauvrissement . Les pays donateurs sont aussi naïfs pour ne pas savoir que la grande majorité de cette aide est détournée sans jamais aux destinataires ? Pourquoi continuer à appliquer une politique qui a tout produit sauf des résultats positifs?

Pour qu’ils ne soient pas morts pour rien !

Samedi 17 novembre 2007

RADDHO

A l’occasion de l’ouverture de son antenne de Conakry, la RADDHO (Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme ) par la voix de son secrétaire générale Alioune TINE , demande que les auteurs des crimes perpétrés lors de la grève en janvier et février derniers soient punis .

L’ONG qui ouvre pour la première fois ses bureaux hors du Sénégal demande que la commission d’enquête mise sur place fasse ses travaux dans les meilleurs délais .

Je vous invite à écouter ci-dessous (cliquer sur la flèche ) l’interview de Alioune Tine au micro de Mouctar BAH , correspondant de RFI à Conakry .

Adopter à tout prix

Dimanche 4 novembre 2007

Le 25 octobre dernier à Abéché , les autorités Tchadiennes ont arrêté 17 européens ( 9 Français, sept Espagnols membre de l’équipage de l’avion , un pilote Belge et quatre responsables de l’Est du Tchad) inculpés et incarcérés dans l’affaire de la tentative de transport en France de 103 enfants par l’association Arche de Zoé.

L’association Arche de Zoé est né en 2004 pour aider les enfants victimes du Tsunami en Indonesie. Après le Tsunami , elle fit de l’aide aux enfants du Soudan son cheval de bataille en annonçant vouloir “sauver 10 000 enfants du Darfour ” qui seront placés dans des familles d’accueil.

L’opération de sauvetage de l’Arche de Zoé au Tchad a tourné au fiasco. L’association présentait les 103 enfants comme des orphelins de la région du Darfour , ce qui est totalement faux selon une enquête conjointe menée au Tchad par l’Unicef, le HCR et le CICR qui ont la charge des enfants. Les premières conclusions de cette enquête montrent que 85 % d’entre eux ne sont pas orphelins (75 % ont leurs deux parents , 10 % en ont un ) et les trois quarts sont tchadiens et non soudanais .
Le président tchadien, Idriss Déby, va jusqu’à accuser l’Arche de Zoé de vouloir alimenter des réseaux pédophiles et de trafic d’organes et souhaite sanctionner “sévèrement” ses membres. La France, elle, parle d’une opération “illégale et irresponsable”, pour reprendre les termes de la secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, Rama Yade. Plusieurs familles d’accueil - qui étaient de bonne foie et n’ayant eu aucune information de cette opération - ont payé plusieurs milliers d’euros afin d’adopter illégalement des enfants sensés être des orphelins .Cette affaire a indigné le monde entier où des appels ont été lancé afin que la verité puisse se faire.

Ingérence Française
Aujourd’hui, on se préoccupe plus de la libération des membres de l’Association “Arche de Zoé” qui a utilisé des méthodes ressemblant à du kidnapping , que de la situation sanitaire et psychologique des enfants. En milieu de journée, l’avocat des trois journalistes – Marc Garmirian (Capa), Jean-Daniel Guillou (Synchro X) et Marie-Agnès Peleran (France 3 Méditerranée) – avait fait part de la décision du juge tchadien en charge de l’affaire de “lever le mandat de dépôt” concernant ses trois clients, ainsi que les quatre hôtesses de l’air espagnoles – Sara Lopez, Carolina Jean, Mercedes Calleja et Tatiana Suarez.Deux heures plus tard le président Français Nikola Sakozy - qui continue sa politique spectacle - se rendait à Ndjamena d’où il ramène les sept personnes libérées à paris.

Après la libération des journalistes , plusieurs interrogations restent sans réponse. Etaient-ils en mission humanitaire ? ou faisaient-ils leur travail de journaliste ? Ou les deux ? Pourquoi les autorités françaises n’ont pas interrompu ce projet “ d’adoption ” alors qu’elles étaient informées de sa prépation plusieurs mois à l’avance ? Pourquoi l’association l’Arche de Zoé travaillait Tchad sous un faux nom (children Rescue ) ? Est ce le retour du colonialisme lorsque Nicolas sarkozy demande que les membres de l’Arche de Zoé soient jugés en France alors qu’il sait pertinament qu’une telle demande de la part d’un pays Africain ne serait jamais accepté ?

Je suis de l’avis de ceux qui pensent que la justice Tchadienne doit faire son travail selon les seules lois Tchadiennes et que les coupables soient punis et purgent leurs peines au Tchad. Toute tentative d’ingérence Française doit être combattue et considérée comme inamicale et irresponsable. Je pense également que les autres pays Africains dans lesquels l’Arche de Zoé a travaillé doivent ouvrir des enquêtes indépendantes pour s’assurer de la légalité de leurs activités .