Archive pour la catégorie ‘Guinée’

INSTITUTIONS ET DEVELOPPEMENT , GUINEE : QUELLE ADMINISTRATION PUBLIQUE POUR LE DEVELOPPEMENT ?

Vendredi 21 mars 2008

Des écarts de revenu et de niveau de vie considérables existent aujourd’hui entre pays riches et pays pauvres. Le revenu moyen des populations subsahariennes, par exemple, est plus de vingt fois inférieur au revenu moyen américain. Les explications abondent quant aux causes d’une telle divergence internationale.

Dans les pays pauvres, comme en Afrique subsaharienne, en Amérique centrale ou en Asie du Sud, peu de marchés fonctionnent, le niveau d’instruction est médiocre, les équipements et les technologies sont obsolètes ou inexistants. Mais ce ne sont que des causes immédiates de la pauvreté. Il s’agit de savoir pourquoi ces pays n’ont pas des marchés plus efficaces, un capital humain plus solide, des investissements plus élevés et des équipements et technologies plus performants. Il doit exister des causes fondamentales de ces résultats et, partant, de cette misère.

Les deux principaux facteurs avancés pour expliquer fondamentalement les écarts de prospérité sont la géographie et les institutions.

Selon l’hypothèse géographique, qui séduit un large public de profanes et d’universitaires, la géographie, le climat et l’écologie déterminent le niveau technologique d’une société et la motivation de ses habitants. Cette théorie fait de l’environnement naturel un facteur essentiel de la pauvreté. La seconde hypothèse, l’hypothèse institutionnelle, repose sur l’intervention humaine: certaines sociétés sont dotées de bonnes institutions qui encouragent l’investissement dans l’équipement, le capital humain et les technologies performantes et, en conséquence, elles prospèrent d’un point de vue économique.

De bonnes institutions présentent trois caractéristiques: en garantissant le respect des droits de propriété à une grande partie de la population, elles incitent une large palette d’individus à investir et participer à la vie économique; en limitant l’action des élites, des politiciens et autres groupes puissants, elles les empêchent de s’approprier les revenus ou investissements d’autrui ou de fausser les règles du jeu; et en promouvant l’égalité des chances pour de vastes pans de la société, elles encouragent l’investissement, notamment dans le capital humain, et la participation à la production économique. Le passé et le présent montrent que, dans de nombreux pays, ces conditions ne sont pas réunies: l’état de droit ne règne que de manière sélective; les droits de propriété sont inexistants pour la grande majorité des citoyens; les élites jouissent d’un pouvoir politique et économique illimité, et seule une petite fraction de la population accède à l’éducation, au crédit et aux activités productives.

L’année dernière, nous avions entamé la rédaction d’une série d’articles consacrés aux problèmes de gouvernance et de développement en Afrique d’une part et dans notre pays, la Guinée, d’autre part. C’est ainsi que nous avions abordé : Gouvernance et Développement (Caractéristiques des administrations publiques africaines), Gouvernance et Développement (Les fondements de la corruption en Afrique) enfin Institutions et Développement (les coûts de la corruption).

Après donc ces analyses critiques sur l’état de la gouvernance, nous avons estimé nécessaire de ne pas s’en contenter, mais d’aller loin en faisant des propositions, des esquisses de solution pour sortir notre administration de cette situation de frein au développement, donc à la prospérité pour nos populations.

Cet article : «Quelle administration pour le développement ?» comportera deux parties, à savoir la gestion transparente de l’administration et la professionnalisation de l’administration publique Guinéenne.

LA GESTION TRANSPARENTE DE L’ADMINISTRATION PUBLIQUE

La gestion transparente de l’administration publique implique de faire connaître cette dernière aux usagers du service public, aussi de favoriser une simplification de l’appareil administratif.

Faciliter l’accessibilité à l’administration publiqueкомпютри втора употреба

Faciliter l’accès de l’institution administrative au citoyen consiste à la lui faire connaître, en simplifiant son organisation, et permettre la circulation de l’information.

CAN 2008 : Le Ghana bat la Guinée 2-1 en match d’ouverture

Lundi 21 janvier 2008

Le Ghana a battu la Guinée 2-1 dans le match d’ouverture de la Coupe d’Afrique des Nations, dimanche, à Accra dans la toute dernière minute.

Le Ghana a ouvert la marque à la 55 ème minute sur penalty grace à son jeune prodige Asamoah Gyan (21 ans),en force et sous la barre transversale, après presque une heure de domination stérile.

Le syli avait égalisé sur une de ses rares occasions par Oumar Kalabane (65), qui se rachetait du penalty provoqué dix minutes plus tôt (faute sur Junior Agogo) .

Le but de la délivrance du pays organisateur a été marqué par Sulley Muntari, joueur de Portsmouth, qui a fiché un tir de 25 mètres sous la barre transversale .
Le Ghana a bien mérité sa victoire.Une domination presque à sens unique surtout en première mi-temps et réussissant à trois reprises à frapper sur les poteaux de Kémoko Camara , le gardien Guinéen.

La Guinée s’est contenté de défendre et n’a jamais su organiser son son jeu avec des approximations techniques pendant toute la durée de la rencontre. Seul Pascal Feindounou , bien surveiller à pu à de rares occasions prouver son talent et notamment lors du corner qui à conduit à l’égalisation Guinéenne.

Maintenant les chances de qualification de la Guinée au second tour sont très minces après la victoire dans le même groupe ce lundi du Maroc 5-1 face à la Namibie.

Fiche de match de Ghana - Guinée

Les autres résultats du Lundi 22 janvier :

Groupe A :

Namibie 1- 5 Maroc

Brendell(23′) - Alloudi(1′,5′,28′),Sektioui(40′) et Zarka(74′)

Groupe B :

Nigeria 0-1 Côte d’Ivoire
Rien    -   Salomon Kalou (66′)

Mali 1- 0 Benin
F. Kanouté (49′) - Rien

Prochain match de la Guinée : 24/01/2008 18:00 Guinée - Maroc à Ohene Djan Stadium

Allez le sily !

Samedi 19 janvier 2008

Ce dimanche 20 janvier sera donné le coup d’envoi à Accra à 18 heures , dans la capitale Ghanéenne, de la vingt-sixième Coupe d’Afrique des nations(CAN 2008) qui constitue le rendez-vous majeur du football et du sport africain dans son ensemble.

C’est l’occasion de voir les stars Africaines évoluant dans les championnats Européens (Drogba et le Ghanéen Mickael Essien à Chelsea, le Camerounais Samuel Eto’o à Barcelone, les Maliens Mahamadou Diarra au Real Madrid et Frédéric Kanouté au FC Séville) de porter leur couleur nationale mais aussi le rendez de grandes personnalités mondiales du Football dont le président de la FIFA Sepp Blater , son homologue de l’UEFA Michel Platini qui ont effectué le déplacement à Accra pour suivre cette du sport continental.

Au fil des éditions, c’est une véritable légende de la CAN qui s’est créée avec ses héros, ses exploits, ses surprises, ses défaites inattendues, ses victoires tant espérées, ses cris de joie, ses larmes.

Une fois n’est pas coutume , l’honneur est venue au “Sily National ” de Guinée de donner le coup d’envoi de cette édition face au pays organisateur les “Black stars” du Ghana qui semble comme les “éléphants” de la Côte d’Ivoire de Didier Drogba et les Lions ” Indomptables” du Cameroun être l’un des grands favoris de la compétitions. Contrairement à la coupe de monde 2006, où la hiérarchie avait été bouleversée avec l’absence de tous les grands , sauf la Tunisie , la CAN 2008 connaitra la présence de tous les principaux pays du football du continent , à l’exception de l’Algérie, qui vont s’affronter sur les 4 stades d’Accra , de Sekondi-Takoradi, de Kumasi et de Temale pour trois semaines (20 janvier au 10 février ) de compétition.

Si l’équipe des black Stars dirigée par ClaudeLeroy rêvent de remporter pour la cinquième fois ( 1963,1965,1975 et 1982)la coupe d’Afrique des nations , elle devra non seulement gérer l’énorme attente que suscite l’organisation d’un tournoi mais aussi être prête dès le match d’ouverture qui n’aura rien d’une formalité face au Sily national de Guinée emmené par Stéphanois Pascal Feindouno.

La Guinée doit avoir au moins un point dans ce match afin de préserver ses chances et bien préparer sa rencontra suivante face à la Namibie le 24 janvier et d’être assurée de la qualification pour les quarts de finale avant le choc contre les Marocains le 28 janvier.

L’équipe national de Guinée qui est capable du pire comme du meilleur arrive dans le concert des nations africaines en  éliminant l’Algérie lors des matchs de qualifications après une longue période de disette.  Quart de finaliste de la CAN en 2004 (Tunisie) et 2006 (Égypte), la formation dirigée depuis décembre 2006 par Robert Nouzaret est tombé dans une poule où le Maroc et la Ghana font figure de favoris.

Pascale Feindouno portera les les espoirs de tout un pays même s’il n’est pas toujours régularité sur en championnat Français de L 1. Le milieu offensif droit des “Verts” est en confiance et doit être au service des deux attaquants, le Toulousain Fode Mansaré l’ancien Manceau parti au Dynamo Kiev, Ismaël Bangoura.

Liste des 23 Guinéens

GARDIENS: Kémoko Camara (sans club), Naby Yattara (Couillet/BEL), Naby Diarso (Satellite FC/GUI).

DEFENSEURS: Daouda Jabi (Trabzonsport/TUR), Oumar Kalabane (Manisaspor/TUR), Dian Bobo Baldé (Celtic/SCO), Ibrahima Camara (Le Mans/FRA), Kamille Zayatte (Young Boys Berne/SUI), Mohamed Alimou Diallo (Sivaspor/TUR), Alsény Camara (Rodez/FRA), Habib Jean Baldé (Reims/FRA), Mamadou Bah (Strasbourg/FRA).

MILIEUX: Kanfory Sylla (Sivaspor/TUR), Mohamed Cissé (Bursaspor/TUR), Mohamed Sako (Etoile du Sahel/TUN),Pascal Feindouno(Saint-Etienne/FRA), Samuel Johson (Ismaïlia/EGY), Naby Soumah (CS Sfaxien/TUN).

ATTAQUANTS: Karamoko Cissé (Hellas Verone/ITA), Souleymane Youla (Lille/FRA), Fodé Mansaré (Toulouse/FRA), Victor Corréa (Cherbourg/FRA), Ismaël Bangoura (Dynamo Kiev/UKR).

Calendrier de la Guinée

(Premier tour - Groupe A)

20/01/2008 18:00 Ghana - Guinée Ohene Djan Stadium

21/01/2008 16:00 Namibie - Maroc Ohene Djan Stadium
 
24/01/2008 18:00 Guinée - Maroc Ohene Djan Stadium
24/01/2008 20:30 Ghana - Namibie Ohene Djan Stadium
 
28/01/2008 18:00 Ghana -Maroc Ohene Djan Stadium
28/01/2008 18 :00 Guinée - Namibie Essipong Sports Stadium

Pour suivre les matchs , rendez sur EuroSport où l’intégralité du tournoi sera retransmis en direct.

La Guinée créera t-elle la surprise en remportant sa première la coupe d’Afrique des nations? Je l’espère bien et en attendant la réponse le 10 février , fait nous rêver le Sily National .

Mise à Jour :Les heures sont en GMT + 1 (Suisse,France,Belgique, etc…)

GUINÉE: Faible soutien populaire au mouvement de grève

Jeudi 17 janvier 2008

Source : IRIN, le service de nouvelles et d’analyses humanitaires du Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA). Site internet http://www.irinnews.org/

Rabiatou Serah Diallo, secrétaire générale de la Confédération nationale des travailleurs guinéens (CNTG),CONAKRY, 15 janvier 2008 (IRIN) - Le limogeage d’un important responsable politique réformiste et la réaffirmation par le président Lansana Conté de son contrôle sur l’action du gouvernement ont confirmé les craintes d’un blocage du processus de réforme politique.

Parallèlement, la réticence générale des Guinéens à vivre une nouvelle grève, prévue le jeudi 10 janvier par les centrales syndicales, laisse penser que le soutien apporté aux manifestations populaires est en train de faiblir. Suite à l’appel au dialogue lancé par des mouvements de jeunes, des institutions nationales et des partis politiques, les responsables syndicaux ont, après de longues négociations avec le gouvernement, accepté de suspendre le mot d’ordre de grève.

Les Guinéens ont déjà connu quatre mouvements de grève générale au cours des 13 derniers mois, manifestations dirigées par les centrales syndicales pour dénoncer la cherté de la vie et la corruption, et exiger le départ du président Conté.

Ces grèves étaient initialement considérées comme extrêmement importantes, car elles venaient briser l’image de pays ouest-africain autoritaire mais stable que renvoyait la Guinée, et laissaient penser que la transition politique tant attendue était peut-être arrivée, après 23 années de régime Conté.

Toutefois, bon nombre de Guinéens estiment que ce nouveau mouvement de grève créera plus de perturbations qu’il ne résoudra de problèmes, et préfèreraient, disent-ils, employer d’autres méthodes, plus pacifiques et moins perturbatrices, pour manifester leur mécontentement.

« Moi, je ne suis pas contre la grève, mais je suis inquiet parce que je me demande si cette grève sera la solution à nos problèmes », a affirmé Ban Mamadou Sanoussy, professeur d’anglais à Conakry.

« Je pense qu’il est temps pour les leaders politiques, les chefs des syndicats et la société civile de trouver une solution durable. Sinon, nous allons continuer à saccager nos biens matériels et à détruire des vies humaines sans issue favorable », a poursuivi M. Sanoussy, exprimant certains doutes sur le « pouvoir du peuple », des doutes rarement évoqués en public au plus fort des manifestations antigouvernementales de 2006, mais abordés plus ouvertement aujourd’hui.

Appel à la grève

Le dernier appel à la grève a été lancé par la Confédération nationale des travailleurs guinéens (CNTG), importante centrale syndicale ; il fait suite au limogeage par le président Conté de Justin Morel Junior, ministre de la Communication du gouvernement et l’un des plus proches collaborateurs du Premier ministre réformiste Lansana Kouyaté.

M. Kouyaté avait été nommé au poste de Premier ministre au début de l’année 2007, à la suite d’un accord entre M. Conté et les responsables de la société civile, après plusieurs semaines de grève et de violents affrontements entre l’armée et les manifestants hostiles au gouvernement, affrontements qui s’étaient soldés par une centaine de morts et des milliers de blessés.

Dans son discours prononcé à l’occasion du Nouvel An, le président Conté a critiqué les mesures prises par le gouvernement de M. Kouyaté, des critiques publiées par l’agence de presse guinéenne le 1er janvier, puis retirées par le cabinet du président.
Photo: Nicholas Reader/IRIN
Malgré les importants gisements de minerais et le sol fertile de leur pays, le Guinéens font partie des populations les plus pauvres de la planète. Selon l’UNCEF, à peine 13 pour cent d’entre eux ont accès à des systèmes sanitaires convenables
L’intervention de M. Conté faisait suite à des spéculations en cours depuis plusieurs mois, selon lesquelles des partisans de M. Conté préparaient le limogeage de M. Kouyaté, qui avait réussi à redorer l’image de la Guinée de façon à gagner la confiance d’importants bailleurs de fonds, contribuant ainsi à marginaliser certains des plus influents partisans de M. Conté.

Initialement prévues en octobre, puis en décembre 2007, les élections législatives ont finalement été reportées et M. Conté s’est, par le biais de décrets présidentiels, réattribué d’importantes fonctions gouvernementales, dévolues à M. Kouyaté, en sa qualité de Premier ministre.

Faisant fi des rumeurs selon lesquelles il remettrait sa démission pour protester contre cette décision du président, M. Kouyaté est resté à son poste cette semaine, conforté par de petites mais violentes manifestations organisées à Conakry le 5 janvier pour protester contre le limogeage de M. Morel Junior.

Scepticisme à propos de l’impact des grèves

« Il faut trouver une alternative autre que la grève. Les conséquences de la dernière grève se font encore sentir. Si le commerce est paralysé à nouveau, ce sera vraiment un retour à la case départ […] Ce n’est un scoop pour personne qu’une grève d’une telle ampleur a plus de conséquences négatives que positives ; et seule une minorité bénéficie du peu de conséquences positives », a déclaré Hadja Yayé Thiam, commerçante à Conakry, la capitale, où ont eu lieu certaines des scènes de violence et des perturbations les plus graves du mouvement de grève de l’année dernière.

Selon Mme Kadiatou, mère de famille qui vend des cigarettes et des bonbons au bord d’une des autoroutes embouteillées de la ville pour subvenir aux besoins de sa famille, les grèves n’ont eu aucune incidence sur les prix, et c’est pour cette raison qu’elle ne soutiendra pas celle-ci.

« Après les tueries de 2007, rien n’a changé. En tout cas, pas le panier de la ménagère »

« Je ne suis pas d’accord du tout pour la grève parce que nous sommes les seules victimes », a-t-elle affirmé. « Après les tueries de 2007, rien n’a changé. En tout cas, pas le panier de la ménagère. Allez demander au marché le prix d’un sac de riz, d’un bidon d’huile ou d’un simple piment. Ils n’ont pas changé ; ils sont pareils qu’avant les grèves de janvier 2007. Nous, nous ne sommes pas prêts à revivre le même cauchemar ».

L’armée, garante de stabilité

Selon certains spécialistes, avec ses gisements de bauxite et d’or, la Guinée est un pays potentiellement riche, mais politiquement instable, et menacé par l’incertitude qui pèse sur la manière dont il gérera la transition politique lorsque le président vieillissant, Lansana Conté, quittera le pouvoir.

Considéré, au début de sa présidence, comme un réformateur, par contraste avec le régime brutal de son prédécesseur, M. Conté a dirigé la Guinée d’une main de fer et a longtemps été boycotté par les bailleurs de fonds internationaux qui ont souvent épinglé ses gouvernements pour leur laxisme vis-à-vis de la corruption, le manque de transparence des élections, et la répression des journalistes et des opposants politiques.

Même si les mouvements de grève successifs et les troubles civils en Guinée ont fait craindre un effondrement plus général de l’ensemble des institutions publiques, de nombreux spécialistes considèrent souvent l’armée comme la seule garante de la stabilité du pays et pensent qu’il est peu probable que la situation change tant que celle-ci restera fidèle à M. Conté.

En mai 2007, des soldats mutins s’étaient livrés pendant deux semaines à des pillages dans Conakry et les autres villes de garnison du pays, une mutinerie qui avait pris fin grâce à la conclusion hâtive d’un accord prévoyant l’augmentation du solde des soldats et des promotions générales de grade au sein de l’armée.

Abdoulaye Wade dit non aux nouveaux accords Europe-Afrique

Vendredi 23 novembre 2007

wade.jpgAprès l’échec de la convention de Yaoundé (20 juillet 1963 ) , de celle de Lomé (I , II, III et IV) et de l’accord de cotonou qui arrivent à échéance le 31 décembre 2007 , la commission européenne presse les États Africains à signer de nouveaux accords de partenariats économiques (APE) censés prendre le relais des accords de Cotonou.

Signé le 23 juin 2000 dans la capitale économique Beninoise pour 20 ans avec une révision tous les 5 ans , l’accord de Cotonou qui réunit aujourd’hui 79 Etats devrait marquer un rénouveau dans la coopération entre l’union européenne et les pays Afrique , Caraïbes et Pacifiques (ACP).

Dans une tribune dans le journal français le monde ( vendredi 16 Novembre 2007 ) , le président sénégalais Abdoulaye Wade juge les nouvelles propositions de l’Union européenne inacceptable car ne favorisant pas un vrai partenariat.

Voici un résumé de son article

En l’absence de ces nouveau accords, les conséquences seront doublement catastrophiques pour l’Afrique car disparaitrait avec les accords de cotonou le dispositif de base conditionnant l’aide au développement . Or cette aide est plus vitale pour l’Afrique , au moment où la hausse du prix du pétrole entraine celle des denrées de première nécessité et déclenche partout le mécontentement populaire et la grogne des syndicats.

Au lieu de favoriser l’augmentation des exportations de l’Afrique vers l’Union européenne , l’accord de cotonou a produit exactement le résultat inverse : augmentation depuis 2000 de 6,5% des exportation de l’Europe vers l’Afrique alors que les exportations africaines vers l’Europe se sont détériorés. Selon le président Wade , l’Europe veut changer de partenaire : jusqu’à présent , elle négociait avec l’Union Africaine ; désormais , elle entend traiter, distinctement, avec chacune des cinq sous-régions.En somme , elle entend mettre en place un système de désintégration, tout en affirmant vouloir renforcer l’intégration africaine.

Ensuite , les nouveaux accords consacre et accentue un déséquilibre de fait et livre totalement les marchés africains aux produits européens subventionnés grâce au démantèlement des protections tarifaires et l’instauration d’une parfaite égalité de compétitions entre des économies européennes et africaines.Non seulement l’industrie africaine n’a pas la capacité et les structures qui lui permettraient de répondre même à une forte demande européenne,mais ce nouveau dispositif de désarmement tarifaire imposé par le libre-échange entraînerait immédiatement d’énormes pertes de recettes douanières pour nos pays :or les recettes douanières constituent entre 35% et 70% des budgets des États africains.

Pour le président Sénégalais ,les meilleurs analystes pensent que le monde de demain sera dominé par un quatuor Etats-Unis - Brésil - Chine - Inde , qui exclut l’Europe. Avec l’Afrique ,l’Europe peut faire mentir cette prévision! . l’Europe et l’Afrique on des atouts immenses pour bâtir une alliance stratégique, mettant en commun la science ,la technologie, le savoir faire, les capacités financières de l’Europe, le potentiel humain et les immenses ressources naturelles de l’Afrique .Du coup , des problèmes aigus comme l’immigration clandestine massive, simple «produit» d’économies dissymétriques , disparaîtront , car les Africains trouverons des emplois chez eux.

Accords de partenariat et de développement (APD)

Pour remplacer les accords de cotonou , maître Wade propose les APD qui selon lui englobent et dépassent le cadre strictement commercial. Il se demande si l’imagination et la créativité ne sont pas en panne à Bruxelles , si l’Europe n’a plus que la camisole de force des APE à proposer .Les ADP sont articulés autour des principes suivants:

  • dissociation du commerce et l’aide, qui serait coadministrée;
  • constitution d’un espace mixte qui permettrait des investissements budgétaires de l’Europe en Afrique dans une optique keynésienne;
  • accords entre régions du monde au lieu d’un accord mondial OMC, trop global et donc très réducteur;
  • partenariat Europe-Afrique intégrateur
  • accords sur les produits homogènes : café, cacao, arachide, coton,pêche,produits miniers, manufacturés, etc .;
  • délocalisation industrielle vers l’Afrique
  • financement des infrastructures des infrastructures, car si l’Europe ne veut pas le faire , les chinois le feront plus vite et moins cher!

Pour conclure , comme il est de son habitude , le président Wade dit que la France et le Sénégal pourraient prendre l’initiative. Il compte porte ce message lors du sommet Europe-Afrique le 6 decembre prochain à Lisbonne.

Note de Morlaye : Je ne suis pas le plus grand fan du président Abdoulaye Wade mais je pense , qu’au delà des problèmes internes au Sénégal, qu’il est l’un des rares chefs d’états africains à avoir une grande maîtrise des dossiers internationaux aussi importants que l’aide au développement ou les relations Afrique-FMI par exemple. Beaucoup de ses collègues africains brillent par leur absence (ou silence ) lorsqu’il s’agit de défendre leur pays ( ou le continent ) sur la scène internationale.

Les propositions de monsieur Wade ses APD manquent considérablement de moyens pour leurs réalisations .Je ne suis pas non plus toujours d’accord avec monsieur Wade sur plusieurs sujets notamment lorsqu’il affirmait , dans l’émission Esprits Libres de Guillaume Durant sur france 2 , que le discours raciste de président sarkozy à dakar est de la responsabilité de son conseiller et rédacteur Henri Guaino . Selon lui ,Nicolas Sarkozy ne connaît pas le discours avant d’entrer dans la salle . Comment peut-on croire qu’un chef d’état, celui de la France en l’occurrence , prononce un discours alors qu’il ne connaît pas le contenu ?

Les accords Afrique-Europe montre l’inefficacité de l’aide ( ou des aides ) au développement qui , au lieu d’aider les pays africains à sortir du sous-développement , contribue à leur appauvrissement . Les pays donateurs sont aussi naïfs pour ne pas savoir que la grande majorité de cette aide est détournée sans jamais aux destinataires ? Pourquoi continuer à appliquer une politique qui a tout produit sauf des résultats positifs?

Pour qu’ils ne soient pas morts pour rien !

Samedi 17 novembre 2007

RADDHO

A l’occasion de l’ouverture de son antenne de Conakry, la RADDHO (Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme ) par la voix de son secrétaire générale Alioune TINE , demande que les auteurs des crimes perpétrés lors de la grève en janvier et février derniers soient punis .

L’ONG qui ouvre pour la première fois ses bureaux hors du Sénégal demande que la commission d’enquête mise sur place fasse ses travaux dans les meilleurs délais .

Je vous invite à écouter ci-dessous (cliquer sur la flèche ) l’interview de Alioune Tine au micro de Mouctar BAH , correspondant de RFI à Conakry .