INSTITUTIONS ET DEVELOPPEMENT , GUINEE : QUELLE ADMINISTRATION PUBLIQUE POUR LE DEVELOPPEMENT ?

Des écarts de revenu et de niveau de vie considérables existent aujourd’hui entre pays riches et pays pauvres. Le revenu moyen des populations subsahariennes, par exemple, est plus de vingt fois inférieur au revenu moyen américain. Les explications abondent quant aux causes d’une telle divergence internationale.

Dans les pays pauvres, comme en Afrique subsaharienne, en Amérique centrale ou en Asie du Sud, peu de marchés fonctionnent, le niveau d’instruction est médiocre, les équipements et les technologies sont obsolètes ou inexistants. Mais ce ne sont que des causes immédiates de la pauvreté. Il s’agit de savoir pourquoi ces pays n’ont pas des marchés plus efficaces, un capital humain plus solide, des investissements plus élevés et des équipements et technologies plus performants. Il doit exister des causes fondamentales de ces résultats et, partant, de cette misère.

Les deux principaux facteurs avancés pour expliquer fondamentalement les écarts de prospérité sont la géographie et les institutions.

Selon l’hypothèse géographique, qui séduit un large public de profanes et d’universitaires, la géographie, le climat et l’écologie déterminent le niveau technologique d’une société et la motivation de ses habitants. Cette théorie fait de l’environnement naturel un facteur essentiel de la pauvreté. La seconde hypothèse, l’hypothèse institutionnelle, repose sur l’intervention humaine: certaines sociétés sont dotées de bonnes institutions qui encouragent l’investissement dans l’équipement, le capital humain et les technologies performantes et, en conséquence, elles prospèrent d’un point de vue économique.

De bonnes institutions présentent trois caractéristiques: en garantissant le respect des droits de propriété à une grande partie de la population, elles incitent une large palette d’individus à investir et participer à la vie économique; en limitant l’action des élites, des politiciens et autres groupes puissants, elles les empêchent de s’approprier les revenus ou investissements d’autrui ou de fausser les règles du jeu; et en promouvant l’égalité des chances pour de vastes pans de la société, elles encouragent l’investissement, notamment dans le capital humain, et la participation à la production économique. Le passé et le présent montrent que, dans de nombreux pays, ces conditions ne sont pas réunies: l’état de droit ne règne que de manière sélective; les droits de propriété sont inexistants pour la grande majorité des citoyens; les élites jouissent d’un pouvoir politique et économique illimité, et seule une petite fraction de la population accède à l’éducation, au crédit et aux activités productives.

L’année dernière, nous avions entamé la rédaction d’une série d’articles consacrés aux problèmes de gouvernance et de développement en Afrique d’une part et dans notre pays, la Guinée, d’autre part. C’est ainsi que nous avions abordé : Gouvernance et Développement (Caractéristiques des administrations publiques africaines), Gouvernance et Développement (Les fondements de la corruption en Afrique) enfin Institutions et Développement (les coûts de la corruption).

Après donc ces analyses critiques sur l’état de la gouvernance, nous avons estimé nécessaire de ne pas s’en contenter, mais d’aller loin en faisant des propositions, des esquisses de solution pour sortir notre administration de cette situation de frein au développement, donc à la prospérité pour nos populations.

Cet article : «Quelle administration pour le développement ?» comportera deux parties, à savoir la gestion transparente de l’administration et la professionnalisation de l’administration publique Guinéenne.

LA GESTION TRANSPARENTE DE L’ADMINISTRATION PUBLIQUE

La gestion transparente de l’administration publique implique de faire connaître cette dernière aux usagers du service public, aussi de favoriser une simplification de l’appareil administratif.

Faciliter l’accessibilité à l’administration publiqueкомпютри втора употреба

Faciliter l’accès de l’institution administrative au citoyen consiste à la lui faire connaître, en simplifiant son organisation, et permettre la circulation de l’information.

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